habarizaleo

Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 16:04

 

         

               J'ai enfin retrouvé

                        le bruissement

                                 des alizés dans les palmes.

         La terre est si douce auprès de la mer ...

Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 10:21

 

                                Rue monsieur le prince

 par yvelinedition


          « Alors, raconte... Cet appartement, tu l’as trouvé ? Quelle question ! Juste celle qu’il fallait pour ouvrir la vanne des gémissements propres à élever le mur de mes lamentations de plusieurs mètres d’un seul coup. Red Socks me regardait d’un air intéressé, visiblement amusé par les tribulations d’une provinciale égarée dans ce qui pouvait évidemment ressembler à une jungle touffue pour un être non averti mais n’était, pour lui, pas plus impressionnant que de rectilignes allées à la française dont il aurait même pu être le jardinier. Mais dis-moi, tu ne vas pas dépenser toutes tes économies en frais d’hôtel ? À l’aise, Blaise, facile, Émile. Viens chez moi jusqu’à ce que tu aies trouvé. Mais non, tu ne me dérangeras pas. Non ? Comme tu voudras… »

           Rue Monsieur le Prince est le havre d’une jeune femme en quête de l’amour ; tout avait commencé par la recherche d’un appartement. L’écriture est aussi classique que le sujet : c’est le désir qui dicte notre histoire. Les émotions violentes et l’humour léger guident l’auteur vers la sortie. Un « au-delà de soi » qui nous fait un peu peur.



ISBN 978-2-84668-154-4 - Parution 01/08/2007 - Genre Roman Format 140 x 225 mm - Nombre de pages 138 prix 16 euros
Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 15:08

... pour une autre Siamoise ..

La Solitude du Guillain-Barré

 par yvelinedition

http://www.yvelinedition.fr

A paraitre fin juin

Et à nouveau mon univers bascule : « Enfin, mercredi, on vient me chercher à l’heure du dîner, on m’enlève la cuillère de la bouche et vite, on me propulse dans les couloirs vers la destination suivante. C’est sans doute à cause d’un pauvre gars plus mal en point que moi et qui ne sait pas encore ce qui l’attend… Quelle agitation autour de moi. Mes deux porteurs m’ont sortie de mon trou obscur comme les prisonniers qu’on laissait autrefois croupir dans le noir avant de les exposer au soleil de midi par une belle journée d’été. » Et voilà qu’il faut tout réapprendre, à marcher entre deux barres, à écrire un alphabet qui prend la forme de « baveux idéogrammes », laborieuse métamorphose, et tout ceci dans un nouvel environnement qui change les règles du jeu. Comment sera la personne qui sortira de cette épreuve ?

C’est ce que raconte La Solitude du Guillain-Barré, histoire d’une descente aux enfers suivie d’une renaissance.

ISBN : 978-2-84668-152-0 - Prix 16 euros - parution 1 juillet 2007
Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 17:18

 

 

     
                ...... ce pourrait être l'anniversaire
       de ce blog ..
 
       Presque un an déjà .. Ne serait-il pas temps
       de le laisser voler de ses propres ailes ...
       à la recherche d'un second souffle ?
 
 
       Au-revoir, mes amis, souhaitez-lui bonne
       route ....

      
Puisse-t-il naviguer longtemps dans la     
       blogosphère ..
 
 
 
Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 10:48



Le vol du marabout


    

          De chaque côté, les ailes noires fendaient l'air d'une façon presque chirurgicale, sans un souffle, à une vitesse qui ne variait pas. Ce n'était qu'un point haut dans le ciel africain, cette toile uniformément bleue dépourvue pour l'instant du moindre nuage. L'oiseau était laid, si laid avec son appendice sous le cou qui ballottait lorsqu'un virage s'amorçait, mais on ne s'en rendait pas compte.


      Il était, vu de loin, avant tout gracieux, étonnant d'équilibre, harmonieux déplacement sur fond de lumière. Le silence semblait l'enrober entièrement mais on pouvait bien sûr imaginer le sifflement du vent à ses oreilles, le paysage qui s'offrait à ses yeux. C’est vrai qu’on ne l'aimait pas beaucoup quand on le voyait, replié comme un parapluie, posé sur le mur des abattoirs. Mais il était aussi dans son nid parmi les fleurs mauves, à materner ses petits, ou statue érigée au sommet d’un réverbère, la tête enfouie pour la nuit.


        Il s'empêtrait parfois dans les fils électriques et restait là déchiré, suspendu, pitoyables ailes brisées. Ou il faisait de l'équilibre sur le bord des antennes paraboliques, levant haut la patte au dessus du vide. Il claquait du bec, qu'il avait très long et pointu, pour signifier quelque chose à ses congénères, les chasser de la branche qu'il avait choisie.


      Pour l'instant il se rapprochait, il avait amorcé sa descente en larges cercles. De temps en temps, il regardait sur le côté comme pour se prévenir d'un danger, vérifier que la voie était libre, scruter l'immensité autour de lui. D'autres passagers immobiles se laissaient porter par le vent, battant une fois des ailes pour changer de cap ou ne pas perdre de l'altitude. Des ibis, petits volatiles ronds précédés d'un fin bec courbe se déplaçaient en bandes, poussant de temps en temps d'incroyables éclats de rire. Le ciel était habité de tourbillons qui allaient en tous sens, multitude de passereaux, zébrures des premières chauve-souris.


      Maintenant on s'apercevait qu'il avait deux couleurs, noir et blanc, surprenante sobriété sous ces latitudes où aiment claquer le rouge et le jaune. Quelques rapaces venaient s'immiscer dans sa trajectoire comme autant d’accents circonflexes. Il ne les voyait pas. Déjà il savait où il allait se poser et il avait calculé, en bon navigateur, l'altitude et l'inclinaison du ciel, le poids du retour sur la terre. Mais voilà qu'il se penchait vers l'arrière.


  Comme un avion qui redresse le nez, lui avançait deux pattes raides surgies de son empennage, toutes ailes déployées pour freiner sa course. L'ensemble balançait un peu mais pas un instant ne déviait de son but. Le marabout devenait de plus en plus gros, de plus en plus lourd. Il semblait accélérer alors que c'était le contraire. Soudain maladroit, tel une oie ridicule de bandes dessinées, on aurait dit qu'il allait se fracasser sur un arbre. Mais il n'en était rien. Sa course s'arrêtait net là ou il l'avait choisi. Les ailes étaient déjà repliées. Il était à nouveau hiératique, impénétrable observateur du monde

 

 

 

Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /Avr /2007 09:47

 

  
                        Et pendant ce temps-là, Lui descendait schuss entre les sapins immobiles, faisant jaillir des gerbes poudreuses sur la musique de Wagner. Le soleil nu comme une lame caressait sa peau couleur de pain d'épice. Tache mouvante rouge et noire qu'on apercevait de tout en bas, il dansait sur ses skis légers, laissant un sillage piqueté d'étincelles au flanc des montagnes. Haendel prenait le relais et décomposait sa course en mouvements à plusieurs temps. Ralenti sur le corps souple qui ploie devant la courbe, gros plan sur son sourire d'ange nimbé d'azur, le regard limpide qui épouse l'absence de distances, la mèche qui s'envole au vent de l'altitude, échappée sur le profil verdoyant de l'horizon, la radieuse luminosité de la voûte céleste ... Et c'est ainsi qu'Il arriva jusqu'à la Rue Monsieur le Prince ...


     Enfin j'allais revoir Red Socks ! Red Socks le vrai, Red Socks l'unique, ses cheveux d'or, ses mains fines et agiles, ses os en tous genres, ses affreuses chaussures, sa purée de gentil célibataire, sa voix de conteur ... J'arrivai chez lui les yeux tout chavirés, le coeur battant comme sous l'effet d'un flash que m'aurait envié tout héroïnomane. Charme éternel du petit intérieur qui pour moi resterait à jamais immuable ... Et il était bien là, comme si de rien n'était, avec ses chaussettes bien rouges et son pantalon noir comme il fallait ... Comment vas-tu ? Viens que je te fasse la bise ... Et ils étaient là aussi, tous ses copains que je connaissais un peu, celui qui avait voulu dîner et dormir avec moi, celle qui arrivait de Suède et partait pour l'Espagne, celui qui parlait Italien et faisait de si bons spaghettis.


     Et celle-ci ? Elle était nouvelle. Elle avait une splendide chevelure rousse qui jetait des reflets à la lueur de l'abat-jour, un iris clair et doux. Elle était bronzée à souhait et jolie à croquer évidemment. Sans nul doute ... Mais oui ! C'était bien sûr, n'aurait pas manqué de s'exclamer l"inspecteur Bourrel. Sans nul doute, il la croquait! C'était évident, rien qu'aux coups d'oeil qu'elle lui jetait, l'attention toute particulière dont il l'entourait, les ondes spéciales qui allaient de l'un à l'autre et qu'on ne pouvait pas ne pas remarquer dès les premier sinstants. Comme elle était belle, comme elle avait l'air intelligent et raffiné ... Les plantes vertes instantanément se fanèrent, les projecteurs prirent une teinte rouge sang et toute l'assemblée me fixa d'un air féroce. L'appartement délicieux revêtit sous la baguette d'une quelconque fée Carabosse l'aspect d'une insupportable prison. Il fallait fuir et je m'enfuis car j'avais à faire une course urgente.


     Paris étalait devant moi ses façades suintant la misère humaine et son innommable laideur. Mais, cette fois, tout était figé à jamais, pour l'éternité des choses et des êtres. Mes pas résonnaient sur les pavés mouillés comme dans un caveau mais je n'entendais plus qu'un étrange silence. Les couleurs avaient disparu du spectre solaire et je ne voyais plus qu'une brume opaque. Et je ne ressentais plus rien du tout. La machine avait cessé de fonctionner. Je n'avais plus de corps, plus d'âme, plus rien. Acta est fabula.

 

          Le café qu'un serveur fantôme m'apporta était noir et avait l'air d'être chaud. Le monsieur qui vint s'asseoir en face de moi était brun et avait l'air d'être Français. Ses lèvres disaient qu'il faisait un stage et s'ennuyait le soir, qu'il travaillait dans les vins à Bordeaux et ne connaissait pas Paris. Lorsque je m'aperçus de sa présence, je laissai tomber que Bordeaux était la ville la plus insignifiante que j'avais jamais vue et que son vin était de la même cuvée, que je n'aimais que le Bourgogne.


        Il me regarda, surpris, et suggéra que peut-être j'avais des problèmes. Je l'informai que oui, l'homme de ma vie venait de se suicider, il s'était pendu, c'était moi qui avais décroché le corps ... Silence de mort. Vous plaisantez ? Est-ce que j'ai l'air de plaisanter, lui répondit mon visage sinistre . L'homme du soir me saisit la main après un temps d'hésitation en constatant que c'était horrible. Oh oui, approuvai-je, mais vous savez, où qu'il soit à présent, s'il vous voyait, il ne serait pas content. Il retira sa main comme si je l'avais piqué. J'éclatai d'un rire strident. Vous alors !, s'exclama-t-il. Et il eut un sourire niais qui voulait sans doute me consoler de ma triste blague. Puis il se pencha vers moi. Eh bien, en voilà un au moins qui n'avait pas de problème et de la suite dans les idées ... Merci, dis-je, tandis qu'il allumait ma cigarette. Oui, il est tard ... Oui , j'habite loin ... Ah, votre hôtel est tout près ? ... Ah, vous avez un grand lit ? ... Ah, il y fait bon ? Très bien ... OK, doc ...

 

 

 
Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /Avr /2007 09:45

              

                 Ah, quelle bonne année que cette année-là. En plus j'avais été reçue à mon examen ... Mais voilà, l'horrible mois d'août s'était abattu, comme tous les ans, sur Paris et, cet été-là, il ne s'était pas contenté d'envoyer le boucher et la boulangère en vacances, il avait aussi jeté son dévolu sur mon Red Socks à moi, lequel avait eu la fâcheuse idée de se rendre "en haute montagne". En montagne ! Quelle idée ! Lorsque j'avais appris la nouvelle j'avais, en sortant de chez lui, remonté tristement la Rue Monsieur le Prince et, suite à la vision démoralisante de deux dames plus que fanées prenant un verre ensemble dans un bistrot pouilleux, je m'étais aperçue tout d'un coup que, moi aussi, j'étais presque vieille malgré mes dix-neuf ans, que j'avais des rides tout plein aux coins des yeux, un cheveu quasiment blanc, le derrière qui tombait et que je ne savais que faire de ma vie. Cela m'avait rendue tellement désespérée que, comme beaucoup de mes semblables en pareilles circonstances, j'étais entrée ab irato dans une brasserie, avais bu toute une grande bouteille brune honnêtement appelée " Mort subite" et, come tous ceux qui se tiennent d'ordinaire loin de l'alcool, avais fini complétement ivre en dansant dans mon salon sur un air de Madonna.


        Mais dès le lendemain, j'avais décidé que je me montrerais raisonnable et que, puisque moi je n'avais pas les moyens d'aller "en haute montagne" et que décidément personne ne m'aimait, j'allais m'occuper exclusivement de ma petite personne qui en avait d'ailleurs bien besoin ... muscles mous, cheveux ternes et teint brouillé ... plus que jamais fidèle à la théorie selon laquelle le moral dépend de la forme physique. Red Socks , à son retour, ne pourrait que tomber à genoux devant une si belle apparition.

        Et d'abord, plus de tabac. Forte d'une expérience précédente qui avait échoué par excés de sévérité, j'entrepris de réduire progressivement le nombre de cigarettes consommée et cette nouvelle tâche absorba ma pensée. Le meilleur moyen de résister à la tentation du cow-boy sur fond rouge et noir , lui aussi, était encore de le placer hors de portée, pas tout à fait mais presque, de mes mains avides et je me souvins d'un conseil donné par un ami qui avait obtenu de bons résultats en mettant son paquet dans sa boîte à lettres. Je fis de même, cinq étages plus bas. Et bien ,cela ne marchait pas. Ou plutôt cela marchait ferme dans l'escalier, petite gymnastique multi quotidienne qui ne manqua pas d'attirer l'attention de ma concierge bien-aimée, véritable cyclotron à potins, laquelle entendait ma démarche précipitée plusieurs étages à l'avance et me regardait d'un oeil torve farfouiller dans ma boîte dans l'espoir d'y trouver sans doute un pli urgent.

      Non, il n'y avait décidément qu'une seule solution : ignorer les débits de tabac, les remplacer avantageusement par "le débit de l'eau, le débit de lait" du toujours en pleine forme Charles Trenet, se doper en lisant des articles anti tabac et, éventuellement en mangeant des cachous, ce que je faisais du matin au soir tout en essayant de chasser la narquoise blonde à filtre qui s'imposait à mon esprit jusque dans les moments les plus inattendus. En même temps que mon appétit accusait un regain d'énergie inhabituel, j'essayais de composer des menus diététiques à base de blanches endives, appris à ne plus m'énerver en épluchant les radis et réussis de succulents desserts que je partageais, non sans mauvaise humeur, avec mes souvenirs devenus soudainement encombrants. Ils s'étaient mués, eux qui avaient été sources de tant de délices, en petits gnomes récalcitrants, casse-pieds, je le sentais bien, et m'énervaient, sans toutefois manifester le désir de me laisser tomber et en paix par la même occasion. Ils m'accompagnaient, traînant la patte, dans mes joggings matinaux, me regardaient d'un air goguenard essayer de toucher le plancher jambes tendue, m'user la peau au gant de crin et ingurgiter des litres d'eau minérale supposée me faire brandir le V de la victoire.


     Et tout en courant et en transpirant, je pensais au jour où Red Socks redescendrait de sa montagne, au moment où je lui téléphonerais, où j'oserais ... Ah, la magie du téléphone qui, en quelques secondes, vous fait entendre la voix de l'être aimée, magie de ce monde civilisé dont les aspects parfois angoissants sont largement compensés par les satisfactions d'ordre surnaturel qu'il procure aux âmes simples comme la mienne. Le numéro six ferait instantanément s'élever mon message par la cheminée ; à l'appel du trois, il filerait comme une fusée en direction de la Seine, au deux, il tournerait au dessus du quartier latin ; un zéro et il aurait déjà repéré l'endroit de sa destination près du carrefour de l'Odéon. Encore un chiffre et il pénétrerait dans l'immeuble, disant bonjour au passage à Pierrot le clochard qui faisait toujours la siesste près de la porte d'entrée. L'avant dernier chiffre verrait monter mes espoirs à toute allure d'un étage à l'autre et enfin, au dernier des sept, il sonnerait exactement là où je le désirais ...

 

( à suivre)

 

  

Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 15:01

 


Voici  l'histoire de Red Socks :


   Il avait en guise de chaussures d'épouvantables écrase-merde et, comme il était Parisien tout autant que distrait, il ne les faisait pas mentir et ne manquait jamais de monter l' escalier en crachant et en pestant contre les services de nettoyage, ce qui m'amusait fort, moi qui pensais qu'elles avaient trouvé là leur meilleur usage. Dans ces abominables chaussures se trouvaient invariablement une paire de chaussettes rouges, en coton l'été, en laine l'hiver, auxquelles il assortissait sa cravate, lorsqu'il devait en mettre une pour se rendre à la faculté. Le tout se prolongeait par un pantalon en velours noir qui gardait sa couleur de jais contre vents et bourrasques. Le jeune homme en possédait en effet quelques douzaines qu'on aurait dit achetés en gros dans un surplus américains tellement ils se ressemblaient, tant par la qualité du tissus que par le calibrage de leurs côtes. Lorsque ses étudiants avaient besoin de le retrouver dans la fourmilière qui emplissait les couloirs aux heures de pointe ou le restaurant universitaire en pleine activité masticatoire, ils n'avaient qu'à laisser leurs yeux errer au ras du sol jusqu'à ce qu'ils fussent frappés par l'inévitable contraste "red socks, black pants" et pouvaient alors, sans risque d'erreur, interpeler le maître : Hey, doc !


     C'était bien lui. Sourire empreint de l'indulgence sévère ou de la sévérité indulgente prorpe aux enseignants qui doivent, comme chacun sait, se faire respecter mais sans provoquer la fuite, cheveux impeccablement coiffés, d'un blond qui avait dû être tendre mais s'était rehaussé de reflets plus sportifs, douille de fusil américain autour du cou, témoignage de l'estime de ses disciples outre-Atlantique, mains fines et agiles, voix posée aux nuances graves et parfois traînantes qui pouvait s'envoler des heures durant à la façon des conteurs bretons, il ne semblait pas accorder trop d'importance à sa personne et menait la vie typique du Parisien affairé, avec toutefois le privilège qu'ont ceux qui sont écoutés et respectés.

     Et comment était-il dès que quelqu'un franchissait la porte de son deux pièces, ce quelqu'un n'étant pas bien sûr n'importe qui, sinon il ne l'aurait jamais franchie ? Attentif, prévenant, toujours soucieux du bien-être de son visiteur, en deux mots, "so sweet". Le placard de la cuisine ne manquait pas de purée en flocons, spécial gentil célibataire, qu'il préparait lui-même, cassant habilement deux oeufs et y ajoutant une gobe de beurre. Il animait équitablement les conversations entre son ami de droite et son amie de gauche, celui qui était là-bas au fond, et laissait tranquille celle qui ne voulait pas parler, mettant tout le monde à l'aise. De temps en temps, il lui prenait fantaisie de passionner ce qui devenait un auditoire attentif et racontait ses souvenirs d'anthropologue, du temps où il partait dans la brousse à la recherche des ossuaires perdu, accompagné d'un courageux indigène. Il adorait en effet les os de toutes sortes et toutes provenances qu'il laissait traîner un peu partout dans son appartement et on ne pouvait réprimer un léger frisson lorsqu'on tombait sur un os long égaré entre deux fourchettes ou deux livres.


     Ces détails expliquent que ses amis étaient nombeux et que les soirées se prolongeaient . Il n'était jamais couché avant deux heures du matin et jamais levé après sept heures, occupé tant que le soleil de Paris se laissait deviner, le vaste éventail de ses recherches diversifiait ses heures de travail, le non moins vaste éventail de ses amis de par le monde emplissait sa maison d'échos anglo-américains ou sud-américains. Le champagne jaillissait toujours pour quelque occasion et, lorsqu'il rentrait le soir, un sac du presssing rempli de chaussettes rouges à la main, sa journée ne faisait en quelque sorte que commencer.


     Et moi, que faisais-je dans tout cela ? Je m'intéressais beaucoup à sa personne ou, du moins, son image charmait ma pensée, sa voix dansait devant mes yeux ou j'entendais sa silhouette le soir au fond des bois, ce qui revient au même lorsqu'on en est à ce stade de confusion mentale.  Mes journées se passaient sur les bancs de la faculté d'où je pouvais admirer à loisir l'élu de mes fantasmes, mes soirées à essayer de m'introduire chez lui, dans le cercle de ses amis. C'était moi celle qui ne voulait pas parler ou plutôt qui n'y arrivait pas, tant j'étais subjuguée par sa fabuleuse présence.


    ( La suite pour plus tard ?)



 

Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 13:03


 

Conte de la malfaisane

 


 

 La malfaisane n'aimait rien tant que se pavaner au milieu de sa cour composée, comme il est courant, d'obséquieux et d'opportunistes. De sa vie, elle n'avait été attirée que par le pouvoir et les richesses et toute son énergie, qu'elle avait grande, était tendue vers ce but adorée d'elle : avoir plus de l'un et des autres.

 

 

La mésange aimait le chuchotis de la pluie au dessus de son nid qu'elle en avait protégé afin de mieux y couver ses petits. Elle vivait paisiblement, n'appréciant que modérément le bruit du monde et lui préférant la chanson de sa maisonnée. Elle supportait tant bien que mal l'agitation de sa voisine, laquelle n'hésitait jamais à venir perturber la tranquillité d'autrui sous le prétexte le plus futile, demander un service comme s'il lui était dû, emprunter quelque objet qu'elle ne rendrait pas.


 

Un jour la mésange se sentit mal. "Allons, allons" "dit la malfaisane sans la regarder "un peu de courage". Et elle en profita , avant de continuer son chemin, pour dérober quelques brindilles au nid de la mésange. Le lendemain, la malfaisane revint et, voyant l'état de faiblesse de la malade, la chassa sans ménagement de son nid, l'obligeant à cherche refuge dans un autre arbre plus loin. Celle-ci se soigna donc seule et elle finit par réapparaître à la vie.


 

Mais voici que la malfaisane qui, gonflée de son importante, volait trop bas, fut victime d'un accident dans lequel elle se brisa les ailes. Clouée au sol, elle gémisait, étendue sur le lit de plumes qu'elle avait habilement détournées de-ci de-là. Ses courtisans, courbés encore plus bas que d'habitude, se désolaient à l'idée de perdre peut-être leur unique possibilité de briller.


 

La malfaisane aperçut alors la mésange qui s'amusait avec sa couvée et elle s'empressa d'attirer son attention.

 

"Ah", lui dit-elle," vous me voyez bien misérable. Venez, venez, que je vous raconte mes malheurs".


 

" Ce n'est pas nécessaire", lui répondit la mésange en passant son chemin. "Je les connais. Ils se nomment cupidité et suffisance. On n'en guérit jamais !"

 


Et elle laissa la malfaisane suffoquée d'indignation et de rancoeur mal placée.


 

 

Moralité : Ne fais pas à autrui ... , bien mal acquis ..., au pays des aveugles ..., vanitas ..., etc.

 

 


Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 08:14

 

Do you know the complaint

of the Indian summer lady

 

     ... sweating out on her skiing machine her worries about going to work every morning,

 lamenting about her friends so far away, her so absent-minded lovers, the gift to find for the next birthday party,

 her dog to walk every sunrise, her weight to check every three hundred grams, also upset with a life full of incertainties, courtesy of the terrorists,

 full of unrewarded efforts, courtesy of an ungrateful child (faster, Laurinha says next to her, we cannot get "BBC food"),

 full of frustrations, courtesy of the sharks in the sea, full of tempting delicacies, courtesy of the French baker next door,

 but also full of poison, courtesy of the cocktails those male-doctors give her just to turn her into an hyperactive beast ? 

I’m kidding 

(or am I ? )

 

Par amarula - Publié dans : habarizaleo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus