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A quand le bruissement des alizés
dans les palmes ?
- les fameux trade winds des Anglais -
Zanzibar est un songe ..
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Zanzibar est une île plate d’où s’écoule la vie comme l’eau transparente file au gré de ses vagues sur des immensités de sable blanc. Le voyageur qui y débarque, tout transi de ses songes nourris depuis l’enfance de ce mot merveilleux –Zan-zi-bar-, ne voit d’abord que le temps, arrêté là depuis des siècles, les herbes folles qui poussent dans les fissures des murs,les arbres géants et moussus qui grimpent ver les toits, le silence des rues étroites où marchent comme des fantômes les femmes voilées de noir.
Il s’arrête, saisi d’admiration, devant les portes en bois sculptées venues d’un autre âge, lève la tête pour contempler les maisons tenues, comme par miracle, par des poutres branlantes. Quelque oiseau exotique passe entre les fils électriques qui tombent jusqu’à terre, des enfants jouent avec des billes de bois dans les ornières remplies d’eau. Et le ciel d’un bleu aveuglant éclaire ces premières lueurs du monde et mène le voyageur vers la mer aussi sûrement que le fleuve y finit de rêver.
Et là l’homme trouve une étendue chaude et limpide qui court jusqu’à l’horizon, agitée seulement par de petits ressacs et par l’écume de la barrière de corail qui marque la fin du lagon et le début du territoire des grands poissons venant effleurer la terre, bancs de thons, raies manta et marlins bleus. Au bord de l’eau des ombres empêtrées de tissus décolorés avancent avec précaution comme des échassiers. Mais ce sont des femmes. Elles récoltent les algues de leurs champs. Le soleil leur a cuit le visage, elles ne voient plus bien et elles passent des heures courbées sur leurs reflets à l’infini dans cette eau qui pour elles n’est que labeur. Quand elles lèvent la tête elles voient de surprenantes et pourtant familières silhouettes qui se rapprochent.
Ce sont les touristes, qui ont laissé sur le sable leurs shorts et leurs sandales, et qui courent, presque nus, en poussant des cris. Un peu plus haut des garçons les regardent en riant, ces étrangers venus de si loin qu’on ne peut même imaginer où ils habitent. Les petits Zanzibari savent qu’il leur serait facile de s’emparer de ces vêtements en coton si neuf, de ces chaussures tellement belles. Mais ils savent aussi qu’ils pourront servir de guides plus tard, lorsque viendra l’heure d’aller visiter le marché aux esclaves ou le palais des sultans. Alors en attendant ils s’emplissent les yeux de ces corps de femmes impudiques, ce n’est pas un péché puisqu’elles sont non seulement impures mais aussi infidèles.
Le voyageur, quant à lui, regagne la fraîcheur de son hôtel. Il salue en entrant le portier dans sa tenue chamarrée qui est là pour rappeler les temps d’autrefois mais aussi pour veiller à ce que ces deux univers, l’ancien et le moderne, cohabitent sans heurts en attendant que son île ballottée par l’histoire y trouve une place, sa place enfin.
Le voyageur fatigué s’installe dans un fauteuil de bois noir ajouré de vitraux, entre le cornet doré d’un gramophone et la statue d’un éléphant. Au loin passent les boutres dont les voiles triangulaires se heurtent et se contredisent au gré des alizés. Il boit son amarula pendant que le soleil descend et que les chants des muezzins emplissent Stonetown de leurs clameurs et il se prend à penser qu'il a peut-être enfin trouvé son île.
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- Première épreuve :
Repérer, du côté de l'arsenal, l'entrepôt de l'armée de l'air qui servira de salle d'examen
- Deuxième épreuve :
Etre à l'heure ! C'est donc à 6h30, soit deux heures trop tôt, que l'autobus me crache, fin prête, sur le pavé glissant.
Chaussée de mes lunettes et armée à droite de mon plan, à gauche d'un parapluie, j'entreprends de trouver l'endroit. Le vent menace de retourner mon parapluie,
il fait nuit noire, il n'y a pas un chat. ![]()
- Troisième épreuve :
J'aperçois distinctement, à la lueur d'un réverbère, dans la ruelle qui monte vers mon destin, un molosse campé au milieu du trottoir. Nous nous observons, immobiles et silencieux. Je me dis :" Ah, c'est bien la peine d'être arrivée jusqu'ici ..." Heureusement on siffle le chien qui disparaît dans un immeuble. ![]()
- Petit break au milieu des épreuves :
Tout au sommet de la ruelle brille comme l'étoile du berger une enseigne dont je déchiffre peu à peu les lettres. Il est écrit :" Le Havane". Canne à sucre, Malecon et salsa et superbes lampes murales en forme de voitures "comme là-bas". Le patron m'entretient des vertus du Partagas et veut bien me dire qu'il a trouvé les lampes à Ikea. Les quelques clients sont plutôt pâlichons et boivent du Muscadet mais c'est quand même un vrai plaisir de se trouver à Cuba. J'y reste une heure.
- Quatrième épreuve :
En quittant La Havane, je marche dans une crotte (de molosse ?) mais du pied gauche, ce qui est, paraît-il, bon signe. ![]()
- Cinquième épreuve :
Qu'est ce qui a changé récemment dans le vote des Français ?
(Serait-ce la couleur du bulletin qui serait passée au "vert espoir"?) ![]()
- Sixième épreuve :
Comment traduit-on "GDP" dans " America spends twice as much of its GDP on higher education as Europe
does" ? ![]()
- Septième épreuve :
Résister à l'appel à la rêverie que véhiculent les affiches rétro partout sur les murs : la Mauritanie avec Latécoère, Mermoz perdu dans les Andes ...
Moralité :
Ne vaudrait-il pas mieux entrer voir dans la camionnette de recrutement de l'armée de l'air placée à la sortie de la salle comment on fait atterrir les mirages ? ![]()
Sept collines blanches de lumière et vertes d'une multitude d'arbres , des chemins ocres s'y promenant en tous sens, se heurtant à des haies touffues qui ne permettent aucun regard mais, vues de loin, une toiture bleue par-ci par là au milieu de ses soeurs en brique, de la fumée morcelées comme des signaux d'Indiens, et une mosquée tout en haut avec son croissant de lune contre le ciel.
Vers l'horizon, quelques éclats de lac enchâssés dans les îles. Un silence fait de souffles épars. Et aucun mouvement si ce n'est l'avancée des nuages jetant ombres et clarté comme s'ils aspiraient à changer de toile.
Intéressé, il prit sa loupe qu'il plaça au hasard près d'une termitière dressée en plein champ et il sentit alors l'odeur de la terre mouillée, il eut aussi nettement l'impression en y posant le pied qu'il connaissait déjà cette partie du monde. Une chèvre plus loin le regardait de côté en tirant sur des bouts de corde, une voûte de feuilles vertes étalait sa fraîcheur comme une ombrelle oubliée là depuis des siècles . ![]()
Il fit quelques pas dans l'herbe , décidé à trouver un peu d'eau près de laquelle il aurait pu s'étendre. Des sauterelles jaillirent des fourrés et déployèrent leurs ailes tremblantes, une pie ricaneuse passa tout près. C'est alors qu'il les aperçut. Le garçon poussait devant lui un petit personnage qui pédalait de toute la force de ses jambes en fil de fer et il avait l'air fier de qui possède la plus précieuse des richesses. La fillette portait une robe fânée mais perles et fleurs s'entrelaçaient dans ses cheveux qu'elle avait finement tressés. Les yeux riaient et son visage était ciselé de tendresse. Deux silhouettes dansantes le long du sentier qui menait au rouge pâle d'un soleil presque renversé. Et les notes indistinctes d'un tambour mêlées au grondement de l'orage déjà lointain . ![]()
Le poète reposa sa loupe et ferma les yeux en souriant. Enfin il venait de trouver l'endroit où il allait vivre.
Et vous, mes sœurs, un peu plus tard, vous vous lèverez à l’heure du réveil
, accomplirez vos rituels du matin, qui ouvrant prudemment sa fenêtre sur la rumeur obscure de la ville, qui donnant au chat sa soucoupe de lait ou promenant son chien sur le gazon, le bousculant un peu, « dépêche-toi, Fifi, j’ai d’autres choses à faire, tu sais bien .. ». Puis d’un même geste, assises devant le café du matin, une cigarette allant avec, c’est selon, vous cliquerez toutes en même temps sur vos machines tant aimées. Et que verrez-vous alors ?
Un petit texte au centre d’un encadré qui vous dira quelque chose comme « il se peut que cet espace perso n’existe pas ou que son accès soit limité ». N’existe pas ? Limité, tu entends, Fifi ? Et voilà que le café bu d’un trait n’aura plus aucun goût, pas celui en tout cas des embruns de Valparaiso habituellement dégustés comme autant de caresses. Bertrand n’existe pas ? Ou alors, sueurs froides, il ne veut plus de moi, sa fidèle compagne ?
Alors que ferez-vous, mes sœurs, après voir cliqué et recliqué en vain, pris le ciel à témoin, maudit la machine, le vilain, mais n’aurait-il pas eu plutôt quelque accident .. angoisses .. et comment va-t-il faire sans moi ? Pourra-t-il s’endormir encore sans ma présence bienveillante ? Quels dangers le guettent sur ces routes dont il ne m’a même pas parlé, je lui aurais bien dit, moi .. A-t-il seulement pensé à prendre ses papiers, lui qui a toujours la tête dans les nuages, le monde n’est pas si facile, tu sais, Bertrand …
Et c’est ainsi qu’atterriront
en terre chilienne, venues des quatre coins cardinaux et des autres aussi, tant d'étrangères à la recherche de notre Bertrand, qui sillonneront la ville en frappant aux portes multicolores décorées de poissons, croyant en reconnaître une, peut-être vit-il ici ? interrogeant les passants, Conoce Beltràn ? Sabe lo que paso ?, s’attardant près des enfants, qui sont toujours les amis des poètes, c’est bien connu .. mais comme ils lui ressemblent .. dévalant les pentes jusqu’au port et en dévisageant les filles comme autant de rivales, encombrant de leurs regards tristes les cabines qui remontent jusque tout là-haut, et puis scrutant sans fin ni mesure cette mer ingrate et silencieuse, à la recherche de leurs rêves disparus.
H E M I S P H E R E N O R D
Mais quel est ce pays où il fait froid pendant huit mois, où on n’ouvre ses volets que le samedi et le dimanche car il fait noir lorsqu’on part le matin tout autant que le soir quand on rentre ?
Ah, s’asseoir à son bureau, à peine huit heures sonnées, sous le soleil implacable du néon, avec encore sur la peau les effluves diverses de ses concitoyens chaudement côtoyés dans les bus, trams ou métros, parfum de sous-bois tropical en décomposition, poivre de Zanzibar intimement mêlé à la muscade râpée et aux senteurs de ceux qui n’ont pas eu le temps ou le courage d’approcher la salle de bain avant de foncer dans la nuit, entre le camion des éboueurs et la cohue de la rue...
Teints blafards et peaux parcheminées, tel est l’ordinaire des manteaux sombres qui se pressent dans les bruits et les lumières d’une vie aussi artificielle que l’avenir qui les guette au coin du désespoir.
Devant la fenêtre, un bac à sable, jaunâtre et mouillé. Des petits pères Noël y délimitent leurs territoires parmi les feuilles racornies sous la surveillance d’une maman éteinte, le regard tourné vers l’intérieur comme vers une terre promise qui n’arriverait jamais.
Un voile passe et nul ne saura ce qu’il recouvre, le facteur aussi, tout rouge et dont la bouche fume tant il a pédalé. Un chien s’attarde sur les roues des voitures, numérotées et alignées comme autant de caisses en ferraille oubliées là jusqu’au soir. Une petite vieille titube lentement sur ses jambes molletonnées couleur de poussière, elle ne voit plus bien, elle a peur que le ciel se referme sur sa tête comme un couvercle mais elle avance, vaillamment, vers la poste où elle fera la queue comme tout le monde.
Au-delà des nuages, un avion laisse une traînée de fumée. On peut imaginer le pilote aveuglé par la luminosité d’un ciel entièrement bleu, l’odeur du soleil sur la carlingue surchauffée. En quelques minutes le jet sera au dessus du désert.
Des ombres glissent dans le silence de l’océan où on entend à peine les poissons qui broutent le corail. A la surface le pêcheur jette son filet, l’eau tiède ruisselle sur sa peau. Il rabat sa casquette et s’installe sous un auvent de palmes en attendant que le temps passe.
La machine à café est au
bout du couloir.
Mise en page du texte et images choisies par my sister bien-aimée : http://vastefairevoir.spaces.live.com
ou http://lilascarp.over-blog.com
I had a man in Africa… ![]()
He was lying in the shadow of the verandah, a black cat close to him, the wind shaping his dreams through the thatch roof above and bushbabies on the next tree trying to wake him up.
But he was sleeping, his eyelids trembling to the rustle of branches. When I touched him, he sighed, softly, still so far in his trip, his hand grabbed mine, maybe he smiled, I couldn’t say.
What was before, what came after, I wouldn’t know. He turned his back, kept his secret.
Was he waiting for the tide to leave, for Scarlet to come back, for me to help or to vanish ?
I had a man in Malindi … He loved his cats, he loved his boat, he wasn’t mine. ![]()
Le vent de la course
Le vent de la course laissait sur ses cheveux quelques ondulations que la chaleur s’empressait de fixer mieux que ne l’aurait fait le meilleur des fers à coiffer. La pédale montait puis descendait au même rythme que le parapluie
qu’aurait balancé un gentleman lors de sa promenade dominicale. Lui se tenait droit sans être raide, clignant des yeux selon les ombres et les lumières du chemin, respirant à l’économie pour ne point s’essouffler et mieux goûter les bienfaits de la promenade.
« Habari za leo ! »(1) souriait-il au gardien de l’ambassade de Russie, lequel lui répondait par un salut militaire un rien alangui malgré l’heure matinale. Une mangouste fila devant les roues et disparut derrière la haie sans attendre le dernier « Nzuri »(2).
« Habari za nyumbani ! »(3) disait-il encore au jardinier de la propriété voisine, lequel enleva son chapeau de paille comme tous les jours pour saluer cet étrange mais néanmoins familier sous-préfet aux champs.
Et une dame observait cette apparition derrière le double écran de ses lunettes de soleil et des vitres fumées de sa voiture : ah, que la coopération était belle …
Mais voilà que deux petits garçons sur le trottoir s’étaient retournés: « Mzungu, mzungu !»(4), se bousculaient-ils dans une explosion de dents blanches.
Une dernière courbe que Thibault négociait avec élégance, un zeste de gravier qu’il évitait avec dextérité et c’était déjà la grille de son ambassade et le garde pour qui il réservait le « Habari za kazi !»(5) plein de l’enthousiasme que lui donnait l’idée d’arriver au travail.
Le temps d’enlever les pinces qui lui enserraient les mollets, de passer trois doigts dans sa chevelure humide et il grimpait l’escalier, s’engouffrait dans son bureau, mettait l’eau à chauffer pour le thé, sortait son petit sandwich au concombre et décrochait son téléphone :
« Elodie, savez-vous où sont mes télégrammes du matin ? »
« Ah… » disait-elle « je ne sais, il faut voir avec le chiffreur mais il n’est pas encore là … trop de télégrammes à saboter hier soir sans doute .. »
Déçu, il mordait dans le pain, réprimait une grimace et s’interrogeait douloureusement tandis que la cloche retentissait en bas l’appelant à la réunion de neuf heures : « Florence, est-ce bien vous qui avez fait ce sandwich ? » ![]()
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En Swahéli :
(1) : Comment ça va aujourd'hui ?
(2) : Très bien
(3) : Comment ça va chez vous ?
(4) : Un blanc, un blanc !
(5) : Comment ça va au travail ?
.... un lecteur à Nouméa, un autre au milieu du Brésil, du Maroc, de la Chine. Cela me fait tellement rêver ...
Mais qui êtes-vous ?