Partager l'article ! En s'inspirant de La Fontaine: Conte de la malfaisane La malfaisane n'aimait rien tant que se pavaner au milieu ...

A quand le bruissement des alizés
dans les palmes ?
- les fameux trade winds des Anglais -
Conte de la malfaisane
La malfaisane n'aimait rien tant que se pavaner au milieu de sa cour composée, comme il est courant, d'obséquieux et d'opportunistes. De sa vie, elle n'avait été attirée que par le pouvoir et les richesses et toute son énergie, qu'elle avait grande, était tendue vers ce but adorée d'elle : avoir plus de l'un et des autres. ![]()
La mésange aimait le chuchotis de la pluie au dessus de son nid qu'elle en avait protégé afin de mieux y couver ses petits. Elle vivait paisiblement, n'appréciant que modérément le bruit du monde et lui préférant la chanson de sa maisonnée. Elle supportait tant bien que mal l'agitation de sa voisine, laquelle n'hésitait jamais à venir perturber la tranquillité d'autrui sous le prétexte le plus futile, demander un service comme s'il lui était dû, emprunter quelque objet qu'elle ne rendrait pas.
Un jour la mésange se sentit mal. "Allons, allons" "dit la malfaisane sans la regarder "un peu de courage". Et elle en profita , avant de continuer son chemin, pour dérober quelques brindilles au nid de la mésange. Le lendemain, la malfaisane revint et, voyant l'état de faiblesse de la malade, la chassa sans ménagement de son nid, l'obligeant à cherche refuge dans un autre arbre plus loin. Celle-ci se soigna donc seule et elle finit par réapparaître à la vie.
Mais voici que la malfaisane qui, gonflée de son importante, volait trop bas, fut victime d'un accident dans lequel elle se brisa les ailes. Clouée au sol, elle gémisait, étendue sur le lit de plumes qu'elle avait habilement détournées de-ci de-là. Ses courtisans, courbés encore plus bas que d'habitude, se désolaient à l'idée de perdre peut-être leur unique possibilité de briller.
La malfaisane aperçut alors la mésange qui s'amusait avec sa couvée et elle s'empressa d'attirer son attention.
"Ah", lui dit-elle," vous me voyez bien misérable. Venez, venez, que je vous raconte mes malheurs".
" Ce n'est pas nécessaire", lui répondit la mésange en passant son chemin. "Je les connais. Ils se nomment cupidité et suffisance. On n'en guérit jamais !"
Et elle laissa la malfaisane suffoquée d'indignation et de rancoeur mal placée.
Moralité : Ne fais pas à autrui ... , bien mal acquis ..., au pays des aveugles ..., vanitas ..., etc.